Sébastien Commissaire (1822-1898)

En 1829, le père de Sébastien Commissaire installa sa nombreuse famille montée de la Grande Côte. A l’âge de sept ans, Sébastien Commissaire travaillait au « piquage des cardes ». A dix ans il était « tireur de fer » chez un veloutier, à douze apprenti tisseur. Poussé par une soif d’apprendre, il s’instruisit grâce aux cours du soir et de nombreuses lectures. Il fut témoin des insurrections des canuts et milita très jeune dans les cercles républicains et socialistes. 

En 1846, ayant « tiré un mauvais numéro », il dut partir pour effectuer sa période militaire. Il fut affecté à Metz puis à Strasbourg où il milita activement pour les idéaux républicains. En mai 1849, il fut élu Représentant du Peuple à l’Assemblée Constituante à la fois dans le Bas-Rhin et dans le Rhône. Le 13 juin il participa à la manifestation des députés républicains dénonçant les violations de la Constitution commises par Louis Napoléon Bonaparte. Arrêté, il fut condamné à la déportation, avec seize autres députés républicains. « Il paiera de dix ans de prison l’honneur d’avoir été député un mois. »

Gracié en 1959, il retrouva le quartier de la Croix-Rousse, où, dans l’impossibilité de trouver un emploi, il créa un modeste commerce de mercerie.

En 1870, il se mit à la disposition du gouvernement républicain. Il fut nommé gouverneur du château de Saint-Cloud puis occupa pendant quelques mois les fonctions de Secrétaire général de la préfecture d’Alençon. Revenu à Lyon, il rédigea ses « Mémoires et souvenirs » qui furent publiés en 1888. (Ouvrage partiellement réédité en 1989 sous le titre « Sébastien Commissaire, ouvrier canut et martyr républicain » par les éditions Claude d’Arve)

Bernard Collonges © 2004