L'INSURRECTION LYONNAISE DE 1834

DEFENSE D'ANSELME PETETIN DEVANT LA COUR DES PAIRS

MARIE-CHRISTINE BLAISE

BERNARD COLLONGES

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Réalisé à partir d’un manuscrit jusqu’alors inédit, cet ouvrage constitue un témoignage essentiel sur les évènements politiques et sociaux qui marquèrent le début de la Monarchie de Juillet.

Il présente une description de la situation sociale à Lyon dans les années 1830, une analyse de l’organisation de la Fabrique lyonnaise de soierie, un plaidoyer en faveur du droit de coalition, du suffrage universel et de la liberté de la presse. Il apporte également un éclairage très intéressant sur le développement des idées républicaines.

L’ouvrage est illustré par des gravures et documents des années 1830.

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Avril 1834

Depuis l’insurrection victorieuse des canuts, en novembre 1831, les bourgeois lyonnais, l’administration et l’armée rêvent de revanche. La presse salariée de la Monarchie de Juillet n’en fait pas mystère : “il est temps de donner une vigoureuse leçon aux bousingots !”

Le gouvernement s’y prépare et a fait édifier, tout autour de la cité, des bastions fortifiés. La loi contre les associations sera le prétexte à l’affrontement que le “Juste-Milieu” appelle de ses vœux.

Le 9 avril 1834, alors que s’ouvre, devant la Cour d’Assises du Rhône, le procès des Mutuellistes lyonnais poursuivis pour “délit de coalition”, des milliers de soldats sont disposés dans la ville. Une provocation policière délibérée déclenche l’embrasement tant attendu par le pouvoir. Six jours de combats s’en suivent, qui font plus de trois cents morts.

Au terme de la “Semaine sanglante”, la Monarchie de Juillet tient sa revanche. Les républicains, vaincus, seront traduits devant la Chambre des Pairs, transformée en juridiction politique d’exception. Plus de quatre cents prévenus lui seront déférés.

Bien que n’ayant pris aucune part aux combats d’avril, Anselme Petetin, journaliste républicain, rédacteur en chef du Précurseur, est inculpé de “provocation à l’attentat contre la sûreté de l’Etat”.

Décembre 1834.

De la Suisse, où il s’est réfugié, Anselme Petetin rédige le mémoire en défense qu’il destine à la Cour des Pairs. Il vient d’avoir vingt-huit ans et, malgré son jeune âge, l’accusation le présente comme “le plus important et le plus habile des prévenus lyonnais”.

Refusant de s’en tenir à la simple contestation des allégations d’une accusation partisane, Anselme Petetin fait de son mémoire en défense, une illustration argumentée de la situation sociale et politique, un plaidoyer en faveur du droit de coalition, de la liberté de la presse et du suffrage universel. Il y présente une analyse d’une rare pertinence sur l’organisation de la fabrique lyonnaise de soierie et les conditions d’exploitation que les négociants imposent aux chefs d’atelier.

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Le mémoire en défense d’Anselme Petetin n’avait jamais été publié. Il est ici présenté dans son intégralité, accompagné de documents, pour la plupart également inédits, qui font écho à l’argumentation développée.

L’ensemble de ces documents constitue un témoignage essentiel sur les évènements politiques et sociaux qui secouèrent la ville de Lyon au début de la Monarchie de Juillet et qui firent dire à l’historien Jules Michelet : “Nulle part plus que dans cette ville il n’y eut de rêves utopistes.