J'ai lu avec intérêt votre article.

En ce moment, j'écris une nouvelle (en anglais) dans laquelle un de mes personnages (pas très sympathique) est fabricant de soie. J'ai du mal à trouver une information. Peut-être pourriez-vous m'aider? Connaîtriez-vous le prix au mètre, par exemple, des soieries entre 1830-1840? Une fourchette de prix, bas de gamme/haut de gamme, serait intéressante pour moi.

Merci,
Elaine Briggs

Réponse de Marie-Christine BLAISE:

Nous vous conseillons de lire pour connaitre les tarifs des étoffes en 1834  « La tribune prolétaire »  du 28 septembre 1834 et du 5 octobre 1834 , version en ligne sur le site de l’écho de la fabrique.

http://echo-fabrique.ens-lsh.fr/index.php

« Les tissus légers qu’on appelle florences, mi-florences, marcelines, marcelinettes, lustrines, n’occupent à Lyon que peu de métiers. Depuis long-temps Avignon est en possession de ces articles ; la réputation de ses florences, dont il y a à Lyon plusieurs dépôts, est assez connue. C’est donc à cette ville plus qu’à la nôtre, que Zurich fait concurrence ; nous devons néanmoins nous livrer à quelques réflexions sur ces étoffes et sur le prix de la fabrication, pour voir si Lyon pourrait maintenir sa supériorité dans cette partie comme dans les autres. L’examen d’un seul article de ce genre, pris au hasard dans le livret, suffira, attendu que les différences de prix portés aux autres, résultent soit du poids, soit de la largeur de l’étoffe.

Le n° 1 bis porte 53 aunes mi-florences 17/48 de large ou 16 pouces, 1 fr. 27 c. l’aune, 12 % d’escompte ; le prix de façon, est coté 16 c. Cet article est le plus bas de l’exposition ; 52 aunes 17/48 pèsent 440 grammes à raison de 8 grammes 1/2 par aune. En portant à 100 fr. le kilogramme, le prix de la matière, chaîne et trame, soit 10 c. le gramme, prix auquel, il y a 9 mois, le négociant comptait le prix de revient, avec bénéfice de 25 p. % sur ses ventes. La matière revient à 85 c. l’aune, et en y ajoutant 16 c. de façon au total 1 fr. 05 c., il résulte que le négociant suisse a, sur ce prix, un bénéfice de 25 p. %, sur lequel il lui reste 26 c. par aune, soit 20 p. % pour couvrir, ses escomptes. Nous ne comptons point le prix de l’apprêt, à part, mais il se trouve bien payé, puisque le poids qu’il donne à l’étoffe, se trouve compté au prix de la soie. L’aune de Zurich n’a pas non plus, comme celle de Lyon, 120 centimètres ; quelque faible que soit la différence qui en résulte, il faut en tenir note surtout dans une masse d’affaires.

Lyon pourrait-il, d’après cette base, soutenir sur cet article la concurrence avec Zurich ? Nous avons, lors de l’exposition, entendu dire à un négociant qu’il livrerait, au prix de Zurich, des florences, marcelines, etc. Nous nous souvenons d’avoir vu, il y a quelques années, livrer à la vente au prix de 1 fr. 35 c. l’aune des pelures d’oignon, pesant 7 grammes l’aune et ayant 17 pouces de large, la façon avait été payée 40 c. l’aune. Nous pensons qu’en maintenant ce prix de 40 c., au-dessous duquel il serait impossible de fabriquer, Lyon pourrait se livrer à ce genre de fabrication ; Lyon est, de toutes les villes manufacturières, la mieux fournie : le transit des soies qui a lieu en vertu de la dernière loi de douanes, lui permet de s’approvisionner mieux et à meilleur marché, dès-lors le négociant peut choisir la soie la plus convenable à son genre de travail, et la payer au plus bas prix possible. Nous ne ferons pas l’injure aux négocians de notre ville de croire qu’ils n’aient pas autant de capitaux disponibles que leurs confrères de Zurich. Si donc Lyon a laissé échapper cette branche de commerce, c’est moins parce qu’elle ne pouvait lutter que parce qu’il a paru préférable de se livrer à ses ouvrages plus attractifs. »